16/12/2007

Histoire de pleine lune 2

Histoire de pleine lune 2-

Braquage

discussion privéeTiré de mon deuxième recueil Discussion Privée

Un petit supermarché de quartier. Vers quinze heures, un après-midi d’automne. Jac entra par la porte électrique qui s’ouvrit à son passage. Dehors, il pleuvait des cordes et les parapluies ne servaient à rien quand le vent soufflait aussi fort. Jac était trempé jusqu’aux os.

En face de la porte, les deux caisses et leurs caissières. Il n’y avait pas grande foule à cette heure. Une femme avec son caddy rempli et un enfant sur le siège s’arrêta à côté de lui quand elle vit le temps qu’il faisait. Elle soupira d’exaspération et entreprit de fermer le capuchon du manteau de son fils visiblement pas d’accord avec cette idée. Elle sortit ensuite sous la pluie.

Jac passa le tourniquet d’entrée du magasin. Il ne s’attarda pas dans les rayons textiles et alla directement à l’autre bout. Un comptoir vitré se présentait devant lui. Il prit un ticket numéroté au distributeur. Il n’y avait que deux clients avant lui. Il se plaça devant le comptoir et attendit que son numéro s’affiche sur l’écran. Le principal était d’être rentré avant…

- Le numéro 24, appela le boucher derrière le comptoir. Il portait un tablier blanc taché de sang.

Jac leva la main.

- C’est moi.

Le boucher se mit devant lui en s’appuyant sur le plan de travail.

- Qu’est-ce que ce sera pour vous monsieur ?

- Avez-vous encore des gigots ?

- Bien sûr, quel poids ?

- Disons, environ quatre kilos chacun, il m’en faudrait trois.

- Oh, c’est pour un banquet de famille ? dit le boucher joyeusement. Je vais vous chercher ça.

- Oui, c’est ça, un banquet, répondit Jac embarrassé. Et euh…il me faudrait aussi une douzaine de pieds de porc.

- Ben dites donc, ils sont aussi voraces que des ours dans votre famille !

Jac eut un sourire en coin et ne répondit rien à cela. Le boucher s’activait derrière une vitre avec sa hachette. Il riait de bon cœur avec un apprenti.

Un quart d’heure plus tard, le serveur revint derrière le comptoir avec trois gros gigots saignants. L’apprenti suivait avec les pieds de porc qu’il avait emballés dans une caissette en plastique. Jac mit la caissette dans son caddy pendant que le boucher emballait les gigots un à un. Une fois le tout dans le caddy, Jac quitta le rayon boucherie pour se rendre aux caisses.

Il posa ses achats sur le tapis roulant et avança le caddy vide derrière un homme crasseux qui sentait la pisse et la bière à dix mètres à la ronde. Jac le remarqua à peine, il avait les yeux rivés sur la verrière qui donnait sur le parking. Ça commençait à s’assombrir et dans moins de trois heures, il ferait nuit.

La porte d’entrée du magasin s’ouvrit. L’homme qui pénétra à l’intérieur portait un imperméable usé et un passe-montagne sombre. Un qui n’avait pas été perturbé par les « cagoules » de son enfance, se dit Jac. La caissière fit passer les paquets de viande sur le décodeur tandis que Jac les remettait les uns après les autres dans le caddy. L’homme au passe-montagne se précipita alors sur lui et le poussa violemment face contre le comptoir de la caisse. Il avait sorti un revolver de la poche intérieure de son imper et le pointait sur la tempe de Jac.

- Personne ne bouge ou je lui éclate le crâne, cria le braqueur.

La caissière se leva brusquement et leva les mains en l’air. L’homme à la cagoule pointa alors l’arme sur elle.

- J’ai dit de ne pas bouger, grogna-t-il. Ce serait bête de faire un trou dans une si jolie tête tu ne crois pas ? ASSIS, lui ordonna-t-il.

Elle s’exécuta. Jac tenta de se redresser et eut une grimace de douleur. En heurtant le comptoir, il s’était apparemment froissé une côte. Une fois qu’il en eut terminé avec la caissière, le braqueur revint sur lui et le repoussa une seconde fois plus violemment. Jac laissa échapper un grognement de douleur.

- Vous êtes tous sourds ou quoi ? s’énerva le braqueur. J’ai dit PERSONNE NE BOUGE !!

Une cliente s’était accroupie derrière un étalage de chips. Elle avait les mains portées à ses oreilles et pleurait silencieusement.

- Toi, dit l’homme en désignant la caissière de l’autre caisse, va bloquer cette porte. Et je t’ai à l’œil alors pas de bêtises, compris ?

La caissière se leva doucement sans quitter l’homme des yeux. Elle était effrayée et semblait au bord du malaise. Elle se dirigea vers la porte électrique et en bloqua l’ouverture automatique d’un tour de clé dans le bas de chaque porte.

Jac avait suivi la scène des yeux. Ce n’était pas possible. Pas aujourd’hui. De la sueur commença à ruisseler sur son front et des tremblements de panique s’emparèrent de ses mains. Seigneur, que cela cesse vite. Dans moins de trois heures…

- Bien ma chérie, dit l’homme à la caissière qui regagnait sa place.

- C’est idiot ce que vous faites, lui dit Jac.

- Quoi ? T’as quelque chose à dire ? lui répondit le braqueur en lui empoignant le col.

- Je disais que c’est idiot, répéta Jac. Il y a d’autres clients dans le magasin et des portes de secours. Qui vous dit que quelqu’un n’est pas sorti pour prévenir la police ?

- Mais t’es malin dis donc ! Il empoigna Jac plus fermement et lui appuya le visage contre le comptoir. Ses côtes le faisaient atrocement souffrir.

- Qui t’a dit que j’étais tout seul ? Tu me prends pour un imbécile ?

Pour donner raison à ces paroles, deux autres hommes armés et cagoulés arrivèrent par l’arrière du magasin avec deux clients effrayés devant eux. Un enfant pleurait dans les bras de sa mère, un vieillard avançait d’un pas lent à l’aide de sa canne. Un des hommes cagoulés le pressa et il trébucha. Le vieux s’écroula sur le sol.

- A ton âge papy on fait plus ses courses tout seul, lui dit un des braqueurs en lui donnant un coup de pied pour qu’il se relève. Le vieux gémit et ne se releva pas. L’homme armé le souleva alors brutalement par le bras – il le lui cassa par la même occasion – et lui pria d’avancer pour se mettre avec les autres otages réunis près des caisses. A eux s’ajoutèrent aussi le boucher et son apprenti.

- Y a plus personne dans le magasin et toutes les portes sont verrouillées, dit un des braqueurs à celui qui tenait toujours Jac contre le comptoir de la caisse. Visiblement, il était le « chef de la bande ».

- Parfait, dit-il joyeusement. Il relâcha Jac et le poussa vers les autres otages. Il renversa l’étalage de chips au passage.

- Essaie de ne plus jouer les malins avec moi à l’avenir, lui dit le braqueur, j’aime pas ça du tout.

Les otages étaient encerclés. On les fit s’asseoir dans l’allée entre les caisses. Les braqueurs placèrent un distributeur de boissons fraîches de façon à « enfermer »les otages dans l’allée. Un des hommes armés s’était installé sur le comptoir d’une des caisses, son revolver pointé en direction du groupe assis à terre. Au moindre mouvement, il était capable de tirer.

La peur de Jac était de plus en plus fondée. Ces trois malfrats avaient l’air d’avoir bien préparé leur coup. Il ne savait pas ce qu’ils voulaient mais il était évident qu’ils ne partiraient pas tant qu’ils ne l’auraient pas.

Le chef se mit alors devant eux et prit la parole.

- Je vous demande votre attention mesdames et messieurs, dit-il à l’assemblée. Il ne vous sera fait aucun mal si vous restez bien sages. Mais sachez que ces armes ne sont pas en caoutchouc et que si nous devons nous en servir, nous le ferons.

La femme qui était accroupie derrière l’étalage de chips avant d’être placée avec les autres se leva alors brusquement et, prise de panique, se mit à crier qu’elle voulait sortir. Un coup de feu retentit, elle s’écroula lourdement sur le sol, morte.

Le chef qui avait tiré le coup de feu, remit son arme encore fumante dans la poche de son imper en souriant.

- Convaincus ?dit-il.

Personne ne répondit. Les otages restèrent assis sans bouger. Une cliente, en larmes, berçait son enfant en sanglot dans ses bras.

- Tout ce qu’on veut, c’est quelques millions et puis on vous laisse tranquille. Un de mes deux amis a passé un petit coup de fil tout à l’heure et il n’y a plus qu’à attendre.

Jac fixait le braqueur du regard. Un des deux autres hommes cagoulés était posté à la porte d’entrée. Il avait fermé le volet et observait l’extérieur au travers des mailles métalliques. Le troisième était toujours assis sur le comptoir. Il avait pris un paquet de chips et en dévorait le contenu en laissant tomber des miettes sur le bord de sa cagoule et dans les cheveux du vieillard souffrant de sa chute et du coup de pied qui lui avait été asséné.

Jac regarda chacun des otages. Le vieillard, la femme et son enfant, les deux caissières, les deux bouchers et un jeune adolescent qui tenait son sac à dos devant lui comme un bouclier.

Le magasin n’était pas très fréquenté à cette heure. Était-ce une chance ou une malchance ? Jac savait que cela importait peu. S’il ne réussissait pas à sortir au plus vite de cette « prison », aussi peu nombreux soient les gens enfermés avec lui, dans moins de trois heures, ils signeraient tous leur arrêt de mort. Dont un enfant. Cette pensée le fit frissonner. Cela ne pouvait pas et ne devait pas arriver.

Doucement, Jac leva la main comme un écolier timide demande à son institutrice s’il peut sortir de classe. L’homme assis sur le comptoir pointa son arme sur lui.

- T’as pas compris mon pote ?lui demanda-t-il.

Le chef de la bande avait rejoint l’autre près de la fenêtre.

- C’est que, commença Jac, je voudrais parler à votre chef, c’est important.

Le braqueur se mit à rire bruyamment. Le chef se retourna et revint vers les caisses.

- Qu’est-ce que t’as à brailler comme ça ?lui lança le chef.

- Tu vas rire, môssieur veut parler au chef, dit le braqueur en riant.

- Ah ouais ? dit-il en regardant Jac.

- C’est très important, répéta Jac.

- Et qu’est-ce qui est plus important que ta misérable vie ?

- Cela concerne…le bon déroulement de votre opération, répondit Jac. Le regard des autres otages se tourna vers lui. Ils devaient le prendre pour un fou.

Le chef éclata de rire en se tapant la cuisse. Ses yeux ruisselaient de larmes.

- J’ai bien l’impression messieurs dames que l’un d’entre vous a perdu la tête et qu’il va aller rejoindre une charmante jeune fille d’ici peu, dit le chef en désignant le corps de la cliente tuée. Le corps avait été recouvert d’une bâche en plastique mais ses pieds dépassaient encore.

- Je ne suis pas fou, croyez-moi, dit Jac. Si vous ne me donnez pas l’autorisation de me lever et de venir vous parler à l’écart, vous comprendrez.

- Tu nous prépares un sale coup mon pote, je me trompe ? dit le braqueur visiblement les nerfs à vif, l’arme pointée sur Jac.

- Je vous jure que je ne prépare rien, c’est juste pour le bien de tout le monde, vous y compris, que je tiens vraiment à m’entretenir avec vous.

Le chef regarda ses deux acolytes. Celui qui était assis sur le comptoir haussa les épaules.

- Ok, lève-toi, ordonna le chef à Jac, et pas de mouvements suspects sinon…

Jac obtempéra et s’approcha du chef, les mains levées à hauteur de ses épaules. Les trois armes étaient maintenant braquées sur lui. Il vit que le ciel s’assombrissait de plus en plus dehors. Seigneur, faites qu’il me croie, pensa-t-il tout bas.

Le chef l’empoigna violemment et l’amena près de la fenêtre. Jac se cogna la tête à la vitre mais ce n’était rien comparé à la douleur de ses côtes et de sa peur de ne pas être cru.

- Parle, lui cria le chef, et fais vite.

- Il faut…que vous me laissiez sortir, lui dit Jac d’une voix basse.

Le chef plissa les rides de son front. Son visage prenait une couleur pourpre, la couleur de la rage.

- Ah ouais ? Tu veux que je te laisse sortir, c’est ça ? Vous entendez ça les gars. Môssieur veut que je lui fasse un traitement de faveur et que je le laisse sortir.

Le chef donna un violent coup à la tête de Jac avec la crosse de son revolver. L’homme s’effondra au sol en tenant son front ensanglanté.

- J’aime pas qu’on se foute de moi, on dirait bien que tu ne tiens pas à vivre plus longtemps.

Jac redressa la tête, le sang coulait sur ses yeux.

- Il le faut, ou dans moins de deux heures, vous serez morts, vous, vos deux amis et les otages.

L’expression du chef changea. Pourquoi cet homme lui parlait-il de sa mort ? Il avait braqué des banques, des bureaux de poste et même des cinémas, son palmarès d’otages dépassait la centaine et jamais l’un d’entre eux n’avait osé lui parler ainsi. Il sentit un frisson lui parcourir le corps. Il fixait l’homme à terre sans pouvoir en détourner le regard. Il sentait sa gorge sèche et ses mains moites.

- Je ne sais pas à quoi tu joues mais j’ai horreur de ce genre de petit jeu, lui dit le chef. Les deux autres braqueurs s’étaient approchés.

- Il est taré ce mec, fais-lui la peau Mike, lui dit l’un des deux.

- Non, je veux d’abord savoir pourquoi il a l’air si sûr de lui.

- Ne me demandez pas de vous le dire, vous ne me croirez pas de toute façon. Faites-moi confiance et vous aurez la vie sauve. Je sais que vous n’en avez rien à faire des otages alors pensez à vos vies.

L’un des deux hommes armés qui se tenait derrière le chef recula d’un pas. Son front brillait de sueur. Il semblait effrayé comme un enfant. Seul le chef restait planté devant Jac, le regardant de haut, tâchant du mieux qu’il pouvait de cacher sa panique. C’est l’autre braqueur qui reprit la parole.

- Je ne sais pas pourquoi mais il a pas l’air de plaisanter Mike, dit-il.

Le chef se tourna vers lui puis revint sur Jac.

- Tu vas me dire ce que tu sais ou bien, dit-il en pointant son arme dans sa direction, ton cerveau sera bientôt comme une passoire.

- Votre balle ne me ferait rien, elle ne me tuerait pas et cela ne changerait rien à ce qui arrivera.

- Tu veux qu’on essaie ? répliqua le chef. Il tira sur le chien du revolver et appuya sur la détente. Jac hurla de douleur. La balle lui perfora l’épaule. Un otage laissa s’échapper un cri de terreur quand le coup de feu retentit et l’enfant qui avait réussi à s’endormir se mit à pleurer.

- Le temps presse, dit Jac avec difficulté, la douleur lui cassait la voix. La lune…Laissez-moi…partir ou je… Il s’interrompit pris d’une quinte de toux.

- Ou tu quoi ?s’impatienta le chef.

- Je vais tous…vous tuer…la lune…Je ne veux pas… tuer… Jac sombra dans l’inconscience.

- Merde ! s’écria le braqueur qui avait reculé. C’est un loup-garou.

Le chef se tourna vers lui.

- Qu’est-ce que tu racontes espèce de crétin, lui lança-t-il.

- Je déconne pas Mike, il parlait de la lune et qu’il allait tous nous tuer.

L’homme paniquait, il était presque au bord des larmes.

- Faites ce que vous voulez les gars mais moi je me barre, dit-il en se dirigeant vers la porte électrique bloquée. Le chef ne le laissa pas avancer plus et tira sur son complice. Celui-ci s’effondra mort contre la vitre et glissa sur le sol.

Le deuxième braqueur se précipita sur le corps inerte de son ami et tenta de le ranimer inutilement. Le chef se tourna de nouveau vers Jac qui était évanoui par terre.

Une heure plus tard. Mike était assis sur un tas de sacs de charbon. L’autre braqueur faisait les cent pas des otages à la porte vitrée. Jac était toujours inconscient. Il posa le regard sur lui et se tourna ensuite vers Mike.

- Et si Grad avait raison ? lui dit-il.

- Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi, Sol ? J’hésiterai pas à te passer le même savon si c’est le cas.

- Ne t’énerve pas Mike mais tu dois admettre qu’il avait l’air plutôt convaincant.

- Un otage inventerait la plus incroyable des conneries pour sauver sa peau et celui-là a une imagination débordante, c’est ça et rien d’autre.

- Mais t’as vu ce qu’il trimballait dans son caddy ? Trois gigots de quatre kilos chacun et une caisse entière de pieds de porc.

- Et alors ? s’écria le chef. Au temps où t’étais un gentil garçon, t’as jamais eu droit aux repas de famille ?

Le braqueur resta sans voix. Lui rappeler ses souvenirs d’enfance lui était souvent très douloureux. Il ne le disait pas à Mike mais il lui arrivait de regretter ces moments où il était un garçon honnête et sans problèmes avec la justice.

- Je te conseille de te sortir ces idées débiles du crâne ou je te ferai rejoindre Grad en enfer.

Sol baissa la tête et reprit ses incessantes allées et venues.

- De toute façon, ça devrait plus tarder maintenant, les autres vont bientôt rappliquer.

- Tu ne trouves d’ailleurs pas bizarre qu’il n’y ait pas encore de flics dans le coin ? lui demanda Sol qui regardait par la fenêtre.

- Tu oublies ce qu’on leur a dit au téléphone, pas de flics ou on exécute les otages un par un. Ils nous connaissent assez bien pour savoir qu’on le ferait. Et puis je suis sûr qu’ils ne sont pas loin, on ne les voit pas c’est tout.

Dehors, le soleil était presque couché. Ses rayons ne laissaient qu’une lueur orangée à l’horizon. Le parking du magasin était vide de toute présence. La police avait organisé un périmètre de sécurité dès le coup de fil des malfrats. Ils préparaient une embuscade qu’ils mettraient à exécution dans une heure. D’ici là, la lune serait levée et pleine.

Sol hurla quand il posa son regard sur Jac. Celui-ci reprenait ses esprits. Il ouvrit des yeux dont l’iris avait pris une teinte jaunâtre, maladive. Sol se précipita sur Mike lorsque Jac esquissa un sourire qui le glaça d’horreur. Des crocs acérés remplaçaient ses dents.

- Miiike, hurla Sol en le tirant par le bras. Celui-ci s’était assoupi sur les sacs de charbon et se réveilla en sursaut. Il avait toujours son arme en main et la pointa défensivement sur son ami avant de se rendre compte que c’était lui. Il la baissa alors.

- Qu’est-ce qui te prend de crier ainsi ?lui demanda-t-il. Mais Sol n’eut pas besoin de parler pour qu’il comprenne.

L’homme qui était à terre se tenait debout devant lui. Ses vêtements étaient déchirés comme s’ils étaient devenus subitement trop étroits. Ses deux bras pendaient le long de son corps, des griffes aux bouts des doigts. Mike sentit son pantalon s’humidifier. Jac le regardait de ses yeux jaunes avec un sourire hideux. Des poils noirs et épais dépassaient du col de sa chemise et de ses manches. Il avança doucement vers les deux hommes effrayés. Un otage se mit à crier quand il s’aperçut de la scène, les autres suivirent. 

Sol tourna de l’œil et s’effondra. Mike, le haut de son pantalon assombri par sa peur grandissante tira le chien de son revolver d’une main tremblante et tira sur le monstre qui s’approchait de lui. Celui-ci semblait insensible à la douleur, il souriait et s’approchait toujours. Mike appuya une seconde fois sur la gâchette et rata sa cible. Il appuya encore sur la détente et un clic se fit entendre, le barillet était vide. Mike lâcha l’arme et voulut s’enfuir mais ses jambes étaient en coton, il était paralysé sur place. La faim du monstre était grande et il avait bien l’intention de l’assouvir.

L’assaut des policiers fut lancé par l’arrière du magasin. Ils enfoncèrent la porte de l’entrepôt avec des béliers et se ruèrent à l’intérieur. Ils découvrirent le carnage avec stupeur.

L’inspecteur arriva une demi-heure plus tard. La scène était insupportable et certains policiers durent sortir devant l’horreur qui se présentait à eux.

- Jamais je n’ai vu un tel chantier, s’exclama l’inspecteur. Mais bon dieu, quelqu’un peut me dire ce qu’il s’est passé ici ?

- C’est incompréhensible monsieur, lui répondit un agent de police. C’était censé n’être qu’un braquage et voilà ce qu’on découvre. Ils sont tous morts. Qui a bien pu faire une chose pareille ?

L’inspecteur se tourna vers la porte vitrée. La vitre était en pièces et le volet avait été comme broyé par une force surhumaine.

- En tous cas, dit-il, le coupable s’est enfui par là.

19:51 Écrit par c dans nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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